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Musique andalouse histoire





Histoire de la musique andalouse

INTRODUCTION ET DEFINITION

Lorsqu'on prononce le terme ''Musique andalouse'', notre premier reflexe nous dirige vers une image decrivant des bonhommes en chechias rouges, en djellabas et en sandales blanches, jouant du violon en le pivotant sur la cuisse et entonnant des melodies avec des voix magnifiques.' Cette phrase prononcee par un francais qui, tout en reconnaissant n'avoir aucune notion sur la musique andalouse, assistait a une representation musicale effectuee par un orchestre de Tlemcen. Toute innocente, elle symbolise la conception occidentale, a l'exception evidemment de certains specialistes en la matiere, par rapport a la musique andalouse. Reconnaissons que c'est une image reelle, mais elle n'exprime qu'une seule variante de cette musique, celle marocaine, la variete et la richesse generale etant bien plus larges que celles presentees par notre interlocuteur. En fait, cette musique est riche de son histoire, de sa presence depuis son existence, de ses composantes techniques ainsi que des personnages, connus et anonymes, ayant marque de leur empreinte leur presence dans ses annales. Elle est simplement millenaire, avec tout ce que ce terme peut avoir comme sens. Pour pouvoir l'apprecier, il faudrait faire connaissance avec ses differents aspects, celui evoquant son origine et son evolution a travers le temps, celui des personnages ayant pu d'abord creer les caracteristiques propres a cette musique, puis ceux ayant participe a son ascension et a sa promotion, soit artistiquement soit litterairement soit meme socialement ; enfin son aspect technique repertoriant sa forme, sa composante, sa facon de pratiquer, son instrumentation, ses rythmes, ses accords, et d'autres encore... Nous allons donc essayer d'en decoudre avec tous ces volets de la facon la plus simple afin de permettre a tous ceux qui aspirent a mieux connaitre, sans pour autant remplir la condition d'avoir une connaissance profonde en matiere de musicologie, cette musique qui, quitte a nous repeter, est millenaire. B-   DEFINITION :   Il serait moins maladroit d'utiliser le terme 'presentation' au lieu de celui en titre car une definition pourrait contraindre son auteur a des limites, or cette musique est tellement riche et genereuse qu'elle refuserait de s'emmurer au sein d'une definition. Pour presenter donc cette musique nous dirons que c'est un style musical, d'origine arabe, qui a vecu durant des siecles, sous differentes influences et avec de multiples contacts a travers le temps et cela depuis bien avant la naissance de l'Islam, periode durant laquelle elle n'avait encore rien d'andalou. Plus tard et apres avoir evolue en tant que 'science musicale' , en reprenant le terme de rigueur durant le regne de Haroun Rachid sur le royaume et la civilisation arabes, puis perfectionnee par de grands savants tels Ishaq et Ibrahim El Moussili , Yacoub Al Kindi ou Al Farabi, puis avec la conquete de l'occident et la colonisation de l'Andalousie par les musulmans et avec le genie artistique de Zyriab, un musicien musicologue tout autant que savant dans plusieurs domaine, que prit naissance une nouvelle musique . Elle fut, bien plus tard, appelee ''musique andalouse'' en raison de sa deuxieme naissance dans cette terre iberique. C'est une musique qui a, apres avoir regne en tant que reine sur le milieu musical universel tant sa richesse etait hors du commun et apres avoir inspire beaucoup de musicologues, qu'ils soient orientaux ou occidentaux, a pu se conserver jusqu'a nos jours, a part quelques defaillances dues essentiellement a la transmission orale qui a toujours fait preuve d'imperfection. Qu'a cela ne tienne, elle est toujours aussi presente, aussi riche et aussi performante. Orchestre des anciens temps Photo symbolisant l'entree d'un couple de nouveaux maries dans la salle ou se deroulent les festivites. La musique andalouse a travers le temps HISTOIRE PERIODE ANTE-ISLAMIQUE   Pour bien entamer le sujet, il serait logique de traiter d'abord le volet historique, quoique l'on en a deja donne un bref apercu dans la presentation. La musique andalouse a eu pour origine celle arabe qui, elle-meme naquit durant la periode ante-islamique. Au contraire de l'affirmation de certains qui disaient que durant cette periode, les nomades arabes n'avaient pour musique que les sons de leurs voix, accompagnes par la flute du berger et en accomodance avec le rythme des pas de leurs chameaux, la musique arabe de l'epoque etait non seulement deja tres 'organisee', avec des regles musicales et des rythmes bien definis, mais elle se pratiquait aussi dans certains palais, certaines demeures de richissimes notables ou lors de certaines occasions telles les ventes d'esclaves, les reunions familiales, religieuses ou meme 'politiques' durant lesquelles les chefs des tribus goutaient aux plaisirs lyriques apres avoir conclu entre eux des accords quels qu'en soient les themes. En parallele a cela, la poesie chantee de l'epoque etait des plus prolifiques tant sa richesse, admiree jusqu'a nos jours, exprimait des images de litterature paradisiaque. Simon Jargy nous dit sur ce sujet : '' Nous savons qu'ils (les Arabes) cultivaient deja la poesie et que celle-ci etait meme portee a un degre de perfection qu'on ne cesse d'admirer ''. Cette poesie si attractive et si 'paradisiaque comme la qualifiait un artiste, avait des caracteristiques qui tendaient vers l'aspect musical. Avec ses rimes, ses rythmes, ses intonations, ses accents toniques forts ou faibles, ses syllabes longues ou breves, elle etait deja de la musique. Alors, l'union entre cette poesie et le style musical de l'epoque ne pouvait pas enfanter juste une ''melopee bedouine, rudimentaire, que les 'chameliers du desert' entonnaient en se deplacant sur le sable. ''. Tout a fait subjectif comme description et jugement.   Periode islamique. Vint ensuite la revelation de l'Islam qui fut, non seulement le rayonnement d'un nouveau mode spirituel et moral, mais aussi un couronnement pour les Arabes de la presqu'ile. Avec l'avenement de l'Islam, certains ont affirme que le prophete (a lui benediction et salut) a carrement interdit toute forme de musique. La aussi, c'est une information a laquelle il faut donner sa juste valeur. En effet, l'Islam, par la voix de son prophete, a reprobe la musique, mais juste celle pronant le vin, l'amour charnel, en d'autres termes les choses Haram(peches). En parallele a cela, le Adhan (appel a la priere) et la lecture du Coran (tartil ou Tadjwid) se faisaient, et se font toujours, en fredonnant des airs en accordance avec le style musical de l'epoque. Il nous faut tout de meme rappeler un point important : la musique a ete creee par Dieu Tout Puissant, avec des sons et des rythmes naturels tels par exemple les chants d'oiseaux ou la mesure rythmique tres reguliere d'un battement de coeur, qu'il soit humain ou animal. Dans le domaine des arts de l'Islam, c'est l'art musical qui s 'est toujours presente avec le passe le plus riche, bien que celui architectural soit le mieux connu du grand public occidental. Par sa diffusion dans l'aire geographique immense de l'Islam, la musique a donne un certain caractere unificateur au langage artistique d'un certain nombre de regions de differents continents ou ses elements constitutifs originels se sont meles puis integres aux arts musicaux autochtones pour produire ce que nous nommons aujourd'hui la musique du monde musulman. Elle est ainsi devenue, comme l'architecture religieuse, un element specifique de culture dans l'Islam. Periode post-islamique : Ainsi donc, en tenant compte de tous ces points, nous arrivons a conclure que la musique n'a pas cesse de se developper durant cette periode. Son essor, au contraire, evoluait d'une facon tres ascendante, a l'image du monde arabe qui etait en train de vivre une escalade fulgurante, tant du point de vue puissance que civilisationnel ou artistique. Cette escalade proprement dite, particulierement celle du domaine musical, a connu deux aspects importants : - Tout d'abord l'edification d'un systeme musical dont l'origine remonte aux differentes sources d'une communaute musulmane de plus en plus vaste. - Ensuite la codification de cet art qui a atteint a un certain moment son plus haut degre de perfection durant lequel, et ce jusqu'a nos jours, ce genre musical n'etait plus seulement considere comme un art, mais aussi comme une science qui demande au musicien, en plus de son genie, des connaissances profondes aussi bien en musique que dans d'autres domaines touchant, de pres ou de loin, l'univers musical. A partir de la, il serait tres important de noter, selon notre eminent musicologue Mahmoud Guettat, que '' les efforts et les initiatives entames durant le regne des quatre premiers Califes a Medine, et les Ummayades a Damas, ont trouve leur pleine expansion pendant le premier cycle des Abbassides (750-847) a Baghdad. Ce fut l'age d'or, non seulement de la musique, mais aussi de toutes les activites du gout et de l'esprit. Les savants des huitieme, neuvieme et dixieme siecles avaient axe leur principal effort sur la recension, la revivification et le collationnement des elements de litterature preislamique encore presents a la memoire des Rawis . On etudia et on commenta la poesie ainsi que les proverbes et les discours des cent cinquante dernieres annees de la Jahiliya. '' Tout ceci est precise juste afin d'eclaircir le fait que la premiere action ait ete de reunir les connaissances existant avant l'arrivee de l'Islam. Puis avec le temps, l'evolution se faisant de plus en plus concrete, ''Baghdad, la cite Abbasside, fondee par Al Mansour (754-775), devient la capitale 'fabuleuse' du monde musulman et le 'joyau de l'univers'. On multiplie les ecoles, les bibliotheques, les hopitaux et les laboratoires. Avec Al Mahdi (775-785) et surtout Haroun Al Rashid (786-809), le palais des '' Mille et une nuits '' rassemblait jusqu'a douze musiciens professionnels, possedent chacun une suite composee de plusieurs instrumentistes, chanteurs et danseurs, dont le nombre varie de trente a cinquante, pour atteindre parfois la centaine ou plus. Les maisons de ces musiciens etaient de veritables conservatoires de musique. Quant a Bayt Al Hikma (maison de la sagesse), fondee par Al Ma'moun (813-833), elle etait le lieu de rencontre des savants les plus connus de l'epoque. Al Wathiq (832-847) est considere comme le premier Calife Abbasside meritant le qualificatif de musicien. Chanteur et joueur de Oud tres doue, il transforma son palais en un grand conservatoire de musique, preside par Ishaq Al Mossili, au lieu d'en faire l'endroit ou se rencontrent les hommes d'etat. Avec la mort de ce Calife-musicien s'acheve ce second cycle considere comme l'age d'or de la periode Abbasside. '' Ainsi donc, pour rejoindre M.Guettat dans son argumentation, durant cette periode, tant de savants, de medecins, de poetes, de philosophes, de musiciens et musicologues sont passes et ont acquis une reputation qui est arrivee, pour certains, jusqu'a nous tant leur savoir etait developpe. Dans le domaine musical nous pouvons, nous en avons meme le devoir, en citer trois qui peuvent etre consideres comme les 'maitres des maitres' car ils ont hisse la musique arabe, malgre son deja haut rang, a un niveau inegale de perfection. Il s'agit d'Ishaq El Mossili (767-850), d'Al Farabi(870-950) et de Zyriab (789-857). Les deux premiers ont ete, chacun a sa maniere, les concepteurs et perfectionneurs d'une musique arabe, pas encore devenue andalouse, en lui inculquant des assises et des systemes de tres haut niveau artistique et musical. Quant au second nomme, Zyriab, il en a ete le revolutionnaire et est considere comme le 'pere' de la musique andalouse. Cet esclave affranchi constitue l'exemple qui exprime d'une facon tres claire la destination prise par la musique arabe elle-meme. En effet, ne a Baghdad, il prit le chemin de l'occident africain en s'arretant un moment a Kairouan puis en continuant son chemin vers cette terre nouvellement conquise, l'Andalousie. La musique arabe en fit autant. A son arrivee a Al Jazira (Algesiras), sur le sol Andalou, Zyriab apprit le deces d'Al Hakam I. C'etait le Calife qui l'avait invite a venir dans son palais, en Andalousie, afin de pouvoir apprecier son art qu'on disait merveilleux. Decu, Zyriab decida de rebrousser son chemin vers Al Kairaouan, ville dans laquelle il avait trouve toute sa serenite, apres avoir vecu un calvaire que lui faisait subir son maitre Ishaq Al Mossili a Baghdad. Mais Al Mansour, qui etait envoye par le Calife au Maghreb a la recherche de musiciens, et ayant deja connu la reputation de Zyriab, persuada ce dernier de continuer en lui affirmant que le nouveau monarque, Abderrahmane II (822-852), n'est pas moins melomane que son pere. A Cordoue, Zyriab trouva un accueil somptueux. Abderrahman II le traita avec la plus grande consideration et Zyriab le lui rendait tres bien d'abord par un comportement des plus raffines, une elegance digne et des belles manieres qui etaient propres a lui, ensuite par le travail musical qu'il effectuait. L'aristocratie arabe d'Andalousie reserva a cet artiste qui etait aussi un savant en astronomie et en geographie tout en ayant de profondes connaissances en belles lettres, le meilleur accueil. En parallele a cela, il devint, sans vraiment le vouloir, l'arbitre de la mode et du savoir-vivre de l'epoque. Dans le domaine musical, Zyriab a pu reunir des elements, artistiques ou poetiques etaient-ils, afin de pouvoir obtenir une musique encore plus performante et plus riche, et il a reussi. La musique, qui se pratiquait sous forme de chansons individuelles et isolees, fut transformee d'abord par les grands musiciens que nous avons cites plus haut en Noubas, successions de chansons et de rythmes allant du plus lent au plus rapide. Puis elle fut perfectionnee par lui, en ajoutant des elements techniques tels le rajout d'une corde au luth ou la concentration de chaque nouba sur une note principale appelee Mafroudha entre autres. Cette musique nouvellement concue donc par Zyriab a pu traverser d'abord l'element geographique puis le temps lui-meme puisqu'elle a reussi a parvenir jusqu'a nous, au 21e siecle. Et elle n'est pas prete de cesser de vivre. En effet, apres la reconquista par les Iberes de leur terre natale, les Arabes furent obliges de fuir la repression espagnole. Ils emigrerent en Afrique du nord, trouverent un accueil chaleureux et s'y installerent avec leurs bagages et leurs cultures, particulierement leur musique qui etait deja tres connue et tres appreciee avant leur venue. D'apres un certain nombre de specialistes qui constituent la majorite a l'affirmer, l'immigration Andalouse en terre Maghrebine se compose comme suit : Certains, venant de Seville et de Valence, ont pris racine a Fes, au Maroc. D'autres, venant de Grenade et surtout de Cordoue se sont installe a Tlemcen. Alors que d'autres, issus de Grenade ont prefere s'arreter a Bejaia (ceci pour eclaircir la polemique existant entre Bejaouis et Algerois, les premiers affirmant que la musique andalouse s'etait installee chez eux, les seconds disant que c'etait la leur). En fait, elle a bien commence a Bejaia pour etre ensuite transferee, par un concours de circonstances historiques, vers Alger. D'autres enfin, venant eux aussi de Seville ont continue leur chemin jusqu'a Constantine, Tunis et Tripoli. A tout cela, il faut ajouter le fait que des emigres d'autres villes andalouses, de moindre importance il faut le dire, telles Malaga, Tolede, Almeria, Cartagena ont pris place eux aussi dans les villes maghrebines sus citees. Nous nous sommes juste exprimes, la aussi, en '' majorite ''. Pour conclure ce point important de notre sujet, nous dirions que l'ecole de Fes, et par la-meme celle du Maroc tout entier, est l'ecole Sevillane, en arabe le ''Ishbili'', sa culture musicale d'origine etant issue de Seville. Celle de Tlemcen etant l'ecole de Cordoue (nous nous demandons d'ailleurs pourquoi certains disent ''le Gharnati de Tlemcen '', faisant allusion a la musique pratiquee dans cette ville) et se nommant en arabe le ''kortobi ''. Quant a celle d'Alger, elle est de Grenade et est appelee le ''Gharnati '' en arabe. A noter que du point de vue technique, ces deux dernieres ecoles, a savoir Tlemcen et Alger, ont beaucoup de ressemblances du fait que les deux villes qui leur ont fourni leurs cultures, respectivement Cordoue et Grenade, etaient tres rapprochees l'une de l'autre, de tous les points de vue, particulierement artistiques, poetiques et musicaux. Ceci explique donc que Tlemcen et Alger, ayant herite des musiques Gharnatie et Kortobie, ont beaucoup de ressemblances, surtout concernant les donnees de base. Cela n'empeche pas que certaines differences existent, mais l'elementaire est pratiquement le meme. Suite a tous ces evenements donc, les ecoles musicales qui ont pris souche au Maghreb sont celle de Fes, de Tlemcen, celle d'Alger (par le biais de Bejaia), celle de Constantine, celle de Tunis et enfin celle de Tripoli. Les trois dernieres citees ont la meme origine et les memes principes d'execution. Concernant notre ville, Tlemcen, en premier lieu, il serait utile de rappeler qu'elle etait, avant la conquete de l'Andalousie par les Arabes, elle aussi concernee par l'emergence, le developpement, puis l'apogee de la musique Arabo-Orientale, comme nous l'avons mentionne precedemment. Ainsi donc, Tlemcen a, pour sa part, egalement contribue a l'acheminement de cette musique, qui n'avait pas pris, au depart, les formes qu'elle acquit en Andalousie par le biais de Zyriab, vers l'Occident. Au courant des sept siecles d'occupation arabe en Andalousie, Tlemcen constituait une ville strategique pour les savants, les commercants et, en ce qui nous concerne, les artistes qui se deplacaient de Cordoue, de Grenade, de Seville ou d'autres villes andalouses vers le Maghreb car c'etait une terre tres accueillante pour les Arabes andalous qui y faisaient une halte. La musique qui venait de l'Andalousie n'etait en fin de compte pas tellement ignoree par les Tlemceniens de l'epoque car, comme je l'ai dit, les relations entre notre ville et celles d'Andalousie etaient concretes et effectives. Tout ceci est precise juste pour montrer que Tlemcen a ete une cite tres influente dans l'histoire culturelle et civilisationnelle de sa region, et meme de toute l'Afrique du Nord. En second lieu, nous devons noter que la periode qui a suivi l'installation a Tlemcen des emigres arabes d'Andalousie, fuyant la repression ibere a ete marquee par la creation, ou plutot la ''Maghrebisation'', de la musique amenee par ces derniers a Tlemcen. En effet, par son contact avec une nouvelle communaute, avec de nouvelles moeurs, de nouvelles habitudes, un nouvel etat d'esprit, mais tout en gardant ses memes principes techniques, la musique andalouse s'est tres bien adaptee a son nouvel environnement. Cela l'a rendue encore plus appreciable et plus riche. Seulement, l'usure du temps, le delaissement et la negligence humaine, les effets du colonialisme ainsi que l'absence de medias qui, n'etant crees que ce dernier siecle, auraient pu jouer un role preponderant dans le maintien et la survie de tout le repertoire musical de l'ecole Tlemcenienne ; tout cela donc ne pouvait qu'avoir des consequences negatives. En effet, des vingt-quatre Noubas (nous verrons dans la partie technique de ce travail ce que ce terme veut dire) existantes, representant le repertoire initial Tlemcenien, il n'en reste que douze plus ou moins completes, en plus de quelques autres, incompletes elles. Cependant, si l'on voyait cette situation sous un autre angle, l'on pourrait affirmer qu'apres tant d'obstacles, l'existence aujourd'hui de douze Noubas completes pourrait etre consideree comme une ''benediction '' presque incroyable. Nous devons nous estimer heureux d'avoir en notre possession une musique qui a brave, des siecles durant, mille et une embuches et obstacles. Nous devons cela, entre autres, a la rigidite de l'ecole musicale Tlemcenienne dont le principe de base a toujours ete le suivant : '' Reproduire tel quel ce que l'on a appris ''. En d'autres termes, pas de fioritures, aucun ''plus'', aucune invention, aucune ''decoration personnelle'' n'etaient toleres. Et cette rigidite n'a fait que du bien a notre musique. En parallele a la musique andalouse, a Tlemcen et avec le temps, de nouveaux styles musicaux sont nes en consequence de la ''cohabitation'' de cette merveilleuse musique avec les traditions, les pensees, et forcement les genres lyriques des tribus indigenes. Cependant, il serait tres important de preciser que ces nouvelles musiques ont d'abord puise leurs ressources musicales et poetiques, en d'autres termes, leur origine artistique, de la musique ''mere'' deja existante, a savoir la musique andalouse. Mais cela bien sur sans changer ni deranger aucunement cette derniere. Pour citer ces nouveaux styles, consideres comme modernes a l'epoque de leur creation, nous nommerons le Haouzi, le Aroubi, le Houfi, le Medih, le Gharbi, le Chaabi. Chacun de ces styles ayant sa propre histoire et ses propres caracteristiques. La musique arabe n'a pu devenir ce qu'elle est devenue, c'est-a-dire une musique d'une richesse et d'une perfection ideale, que grace au genie et a la volonte de bien faire de certaines figures qui l'ont approchees. Ces personnes sont nombreuses et se situent dans le temps a travers tout le periple qu'a connu cette musique jusqu'a nos jours. Nous allons en citer les plus importantes, au vu de leur prodigieuse influence sur les formes exterieures et interieures de notre musique. Au niveau de la musique arabe, et avant son arrivee en Andalousie, Ibrahim et Ishaq El Mossili ont participe tres concretement a la conception d'une musique techniquement des plus performantes et artistiquement des plus attractives. Nous en avons fait mention precedemment. Cependant, le personnage qui a ete le plus influent sur la musique ''concretement andalouse'' est bien Zyriab, celui qui est considere comme son concepteur en tant que telle. Nous en avons egalement parle a son sujet.









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Publié le: 2006-10-29 (1256 lectures)

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